Sous
la pression de l’opposition politique et après une vague d’indignation
dénonçant une atteinte aux libertés constitutionnelles, les préfets de Fomboni
et de Djando ont annulé, ce lundi 12 janvier, leur décision interdisant les
réunions politiques restreintes à domicile. Une reculade qui révèle les
tensions persistantes autour de l’exercice des libertés publiques à Mohéli.
La
polémique est née le 8 janvier dernier, lorsque le préfet du centre de Fomboni
publie une décision interdisant toute réunion politique restreinte tenue à
domicile. Le lendemain, le préfet de Djando adopte une mesure identique,
provoquant une onde de choc dans le paysage politique local. Les partis et
mouvements de l’opposition montent aussitôt au créneau, qualifiant la décision
d’« anticonstitutionnelle », « illégale » et « honteuse », estimant qu’elle
porte gravement atteinte aux libertés fondamentales garanties par la
Constitution.
Selon
des sources concordantes, cette initiative ne serait pas venue de Moroni, mais
plutôt de Bonovo, siège du gouvernorat de Mohéli. Les deux préfets ont ainsi
pris des décisions similaires, intitulées « assignation pour trouble à la
sécurité et à la paix publique », et les ont remises individuellement à
plusieurs figures de l’opposition. La région de Mledjélé, dépourvue de préfet à
cette période, n’a toutefois pas été concernée par la mesure.
La
riposte politique ne s’est pas fait attendre. Dès le lendemain, le mouvement
Swauti ya Mwali, par la voix du Dr Abdou Djabir, ainsi que Mohibaca Baco,
dénoncent vigoureusement la décision et annoncent leur refus de s’y conformer.
L’ancien maire de Fomboni, Elamine Ali Mbaraka Abou-lkhair, fait une vidéo sur
les réseaux sociaux fustigeant ce qu’il qualifie d’« anarchie administrative ».
Les partis MOLECO et ROC emboîtent le pas, condamnant unanimement une décision
jugée liberticide.
L’affaire
aurait même atteint les plus hautes sphères de l’État. D’après plusieurs
sources, la mesure aurait été désapprouvée au sommet, ce qui aurait conduit à
l’exclusion des deux préfets de la cérémonie officielle de présentation des
vœux du Nouvel An au gouvernorat de Bonovo, en présence du chef de l’État,
Azali Assoumani.
Face
à des pressions venant de toutes parts, les préfets de Fomboni et de Djando
publient finalement, ce lundi 12 janvier, une nouvelle note annulant purement
et simplement la précédente. Joint par téléphone, le Dr Abdou Djabir s’est
félicité de cette décision : « Je me réjouis de l’annulation de cette décision
litigieuse que j’avais formellement contestée », a-t-il déclaré.
Cette
reculade administrative met fin, au moins provisoirement, à une séquence
tendue, tout en relançant le débat sur le respect des libertés politiques et le
rôle des autorités administratives dans un contexte politique déjà fragile.
Riwad
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