La capitale de Mohéli a vécu, mardi 16 décembre,
une fin de journée sous haute tension. Barricades, pneus incendiés, coups de
feu et usage de gaz lacrymogène ont plongé Fomboni dans un climat
d’instabilité, sur fond de contestation liée au décès d’Akbar Issoufa. Une
affaire aux zones d’ombre qui continue de susciter indignation et mobilisation
populaire.
La soirée du mardi 16 décembre a été marquée par
de vives tensions à Fomboni. Des pneus ont été incendiés et la route principale
reliant Salamani à Mabahoni a été barricadée par des jeunes manifestants. Des
coups de feu ont été entendus et des gaz lacrymogènes dispersés dans plusieurs
quartiers, plongeant la population dans la crainte.
Ce mercredi matin, de nouveaux échauffourées ont
éclaté. La route principale a de nouveau été barricadée, des pneus rassemblés
et prêts à être incendiés. Les forces de l’ordre sont intervenues pour dégager
les axes, procédant à des tirs de sommation. Plus de 40 personnes ont été
interpellées et se trouvaient aux mains de la gendarmerie avant d'être relâché en début de soirée. Fomboni
retient son souffle, dans l’attente d’un apaisement et de réponses judiciaires
claires.
À l’origine de ces troubles, la mort d’Akbar
Issoufa, survenue dans des circonstances jugées troubles par la population. Le
mardi 16 décembre, aux environs de 16 heures, des jeunes se sont réunis au
foyer des jeunes de Salamani afin de préparer une marche pacifique prévue le
dimanche 21 décembre. Objectif affiché : réclamer justice et vérité sur le
décès d’Akbar. Mais la rencontre a rapidement dégénéré. En désaccord avec
certains adultes présents, des jeunes ont quitté les lieux pour prendre
d’assaut la route principale, érigeant des barricades et mettant le feu à des
pneus . L’action a été reprise par d’autres
jeunes jusqu’à Mabahoni.
Les manifestants dénoncent ce qu’ils qualifient
d’« injustice infligée à Akbar Issoufa », depuis son interpellation à Fomboni,
son transfert à Anjouan, son incarcération, jusqu’aux conditions de son
hospitalisation. Une chaîne d’événements que beaucoup estiment entachée
d’irrégularités et de négligences.
Dans ce contexte, la famille du défunt a tenu une
conférence de presse le même mardi 16 décembre, en présence de proches et avec
l’intervention téléphonique de leur avocat, Maître Soidri. Cette prise de
parole faisait suite aux déclarations du procureur de la République près le
tribunal de Mutsamudu, intervenu la veille. Selon ce dernier, le retard dans la
tenue de l’audience serait imputable aux avocats d’Akbar. Des propos que la
famille rejette catégoriquement, tout comme le refus, selon elle, du procureur de
la république de transférer Akbar au CHRI de Hombo.
Lors de cette conférence, Maître Soidri a
longuement contesté les charges retenues contre son client. Escroquerie,
blanchiment, abus de confiance, abandon de famille : « aucune de ces
accusations n’est juridiquement constituée », a-t-il affirmé. L’avocat a
également souligné l’existence de vices de procédure restés, selon lui, sans
suite malgré les démarches entreprises. Concernant l’accusation d’abandon de
famille, Maître Soidri rappelle que la plaignante, Asma, officiellement
divorcée, n’a aucun enfant avec le défunt et que toutes les sommes réclamées
auraient été remboursées, preuves à l’appui.
Riwad
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