Les
procédures liées au dossier Akbarou Issoufa continuent de faire couler beaucoup
d’encre et de salive. Un juriste, ayant requis l’anonymat, livre ici son
analyse.
« Les
trois tribunaux de première instance des Comores ( Grande Comores, Anjouan
Moheli) ont l'obligation de s'expliquer sur l'affaire d’Akbarou .
1)
Tribunal de Moroni, premier responsable d’affligeantes dérives de la procédure
Il
résulte des débats publics que le juge d'instruction de Moroni fût le premier à
instruire le dossier d'Akbarou après être saisi par le Procureur de la
République. La première chose que le tribunal doit nous communiquer, pour se
laver de tout soupçon, c'est la décision prise par son juge d'instruction : est-ce une
ordonnance de non-lieu, ou une ordonnance de transfert dudit dossier au
tribunal d'Anjouan, ou le dossier est encore encours au tribunal de Moroni ?
Il
faut qu'on nous dise la décision du juge d'instruction de Moroni car il était
le premier saisi de l'affaire, et donc le seul, sur l'ensemble des trois îles
des Comores, compétent à instruire ce dossier.
Comment
donc ce dossier dont les faits et les partis sont les mêmes a atterri au
Tribunal de Mutsamudu?
Cela
constituerait une monstruosité juridique si le juge d'instruction de Moroni
avait rendu une ordonnance de non-lieu mais que son homologue dans un second temps conclu sur une
ordonnance de renvoi sur les mêmes faits et les mêmes partis. Ce qui serait
contradictoire à notre constitution qui prévoit l'unicité du territoire
national et donc le respect par un tribunal d'une île des décisions rendues par
les décisions des tribunaux des autres îles.
Il
est inadmissible qu'une personne poursuivie et relaxée au tribunal de Mononi
soit poursuivie et condamnée au tribunal d'Anjouan sur les mêmes faits.
Que
le Procureur de Moroni nous explique comment et pourquoi le dossier d'Akbarou
est arrivé à Anjouan alors qu'il était instruit en premier lieu à Moroni.
2)
Tribunal de première instance d'Anjouan
Il
est constant et incontesté que le procureur de Mutsamudu a été saisie par une
plainte de la plaignante et avait saisi le juge d'instruction. Savait-il que
cette affaire était pendante au tribunal
de Moroni? Le premier réflexe d'un
procureur saisie d'une affaire impliquant une étrangère, c'est de s'en référer
à son procureur général qui à son tour s'en réfère au ministère de la justice
pour plus d'informations.
Savait-il
ou non qu'il y'avait un dossier en cours à Moroni sur les mêmes faits et les
mêmes personnes et qu'il s'est déclaré compétent territorialement pour
poursuivre Akbarou? C'est une zone d'ombre à nous éclairer.
Il a
été mentionné par le procureur d'Anjouan qu'un mandat d'arrêt a été décerné
contre Akbarou qui se trouvait à Moheli. A qui le procureur d'Anjouan a envoyé
ce dit mandat d'arrêt pour exécution parce qu'on sait qu'il n'a pas,
territorialement, compétence pour donner des ordres quelque nature que ce soit
aux gendarmes de Mohéli ?
3)
Tribunal de Mohéli
Le
Procureur de Mohéli a le devoir de lever cette zone d'ombre avec preuve à
l'appui : a-t-il reçu le mandat d'arrêt du Procureur d'Anjouan ? Est-ce lui qui
a communiqué ce mandat à la brigade de Fomboni pour arrêter Akbarou ?
Est-ce
lui qui a ordonné qu’Akbarou soit embarqué dans un bateau ?
Les
3 tribunaux des Comores doivent nous éclairer sur chacune de ces questions pour
pouvoir établir la responsabilité de chacun
avant de rentrer dans le fond du dossier. »
Riwad
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