À
33 ans, Akbar Issoufa , originaire de Fomboni, est décédé au CHRI de Hombo
après plusieurs mois de détention à la prison de Koki, Anjouan. Sa famille
dénonce des négligences graves, des pressions extérieures et une injection
suspecte administrée le jour de sa mort. Une affaire qui secoue Mohéli et pose
de lourdes questions sur les conditions de détention et la judiciarisation de
son différend conjugal.
Le
décès d’Akbar Issoufa Madjoine continue de provoquer une onde de choc à Mohéli.
Ce jeune homme de 33 ans, incarcéré depuis plusieurs mois à la prison de Koki à
Anjouan dans le cadre d’un différend l’opposant à son ex-épouse d’origine
égyptienne, est mort le mardi matin 9 décembre dans des circonstances que sa
famille juge « totalement suspectes ».
Selon
ses proches, Akbar aurait souffert d’une maladie dont la gravité n’a jamais été
reconnue par les autorités judiciaires, malgré des certificats médicaux et des
plaintes répétées. Il n’a finalement été admis au CHRI de Hombo qu’après une
dégradation extrême de son état de santé. Il y mourra le lendemain de son
admission.
L’affaire
remonte à près de sept mois. Un soir, vers 22 heures, Akbar, le petit frère
d’Afretane Issoufa l’ancien Ministre des infrastructures est interpellé à
Salamani, alors qu’il rentrait chez lui. « Quelques minutes après, il était
menotté, embarqué sur une vedette de pêche louée pour l’occasion, direction
Anjouan puis la prison de Koki », explique sa grande sœur, Assiati Lala, qui
l’a suivi dès le lendemain à Anjouan.
Cette
dernière raconte un parcours pénible : longues procédures, multiples
déplacements et bataille permanente pour faire reconnaître l’état de santé de
son frère. « Trois mois après son incarcération, Akbar est tombé malade, mais
les autorités judiciaires minimisaient tout. Même après les lettres de son
avocat accompagnées de certificats médicaux, rien n’a bougé », déplore-t-elle.
Assiati
affirme que les autorités se contentaient d’envoyer Akbar « rarement »
au service de santé militaire, alors que les médecins recommandaient son
transfert au CHRI de Hombo. « Ils voulaient même le présenter à l’audience
alors qu’il ne tenait plus debout », témoigne-t-elle.
Ce
n’est qu’à un stade critique qu’il sera finalement transféré à l’hôpital de
Hombo. Le lendemain, il décède. « C’est après une injection administrée par un
infirmier que tout a changé. Akbar m’a dit qu’il se sentait mieux après son
arrivé à Hombo. Après l’injection, son état s’est brutalement aggravé »,
affirme sa sœur, convaincue que cette “dernière intervention” n’est pas
anodine.
Selon
Assiati, l’ex-épouse d’Akbar, Asmah Khaled, serait intervenue directement
auprès de certaines autorités à Anjouan. Elle évoque même un audio dans lequel
Asmah aurait formulé des menaces explicites.
Elle
accuse également un jeune entrepreneur de Mohéli d’avoir facilité les démarches
d’Asmah aux Comores, allant jusqu’à « créer un groupe WhatsApp pour la soutenir
» et « conseiller un membre de la famille en affirmant qu’Akbar finirait en
prison s’il refusait de retourner vivre avec elle ».
Akbar
laisse derrière lui quatre enfants nés d’une union avec une femme anjouanaise.
Sa famille, profondément bouleversée, réclame désormais la vérité sur les
circonstances de sa mort et sur les responsabilités éventuelles dans cette
disparition jugée évitable.
Riwad
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