À
l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, célébrée chaque
10 décembre, une vaste opération de nettoyage et de désinfection a été
organisée à la maison d’arrêt de Badjo, à Mohéli. Portée par le ministère de la
Justice, en collaboration avec le Gouvernorat de Mohéli, la Commission
Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL) et le Croissant-Rouge
comorien, cette initiative vise à améliorer les conditions de détention et à
rappeler que le respect des droits humains doit s’appliquer à tous, y compris
aux personnes privées de liberté.
Ce
jeudi 11 décembre, la prison de Badjo a connu une mobilisation inhabituelle.
Agents pénitentiaires, représentants des institutions partenaires et
volontaires se sont retrouvés dans l’enceinte de la maison d’arrêt pour
participer à une « Journée Propre », organisée simultanément dans les
établissements pénitentiaires du pays. Balayage des cours, nettoyage des
cellules, évacuation des déchets et opérations de désinfection ont marqué cette
action à forte portée symbolique.
Selon
les organisateurs, cette initiative s’inscrit dans une démarche de promotion de
la dignité humaine et de sensibilisation à l’importance de l’hygiène en milieu
carcéral. « Il est essentiel que les lieux de détention respectent la dignité
et les droits fondamentaux des détenus. Cette opération constitue un pas
concret pour assurer leur santé et leur sécurité », a souligné le responsable
des droits de l’homme à Mohéli.
Au-delà
de l’aspect ponctuel, les autorités locales rappellent que l’hygiène en prison
joue un rôle déterminant dans la prévention des maladies infectieuses, souvent
favorisées par la promiscuité et l’insalubrité. Améliorer les conditions
sanitaires dans les établissements pénitentiaires contribue non seulement à
protéger la santé des détenus, mais aussi celle du personnel pénitentiaire et,
plus largement, la santé publique.
Cette
action s’inscrit dans un programme plus large visant à renforcer les conditions
de détention et à aligner le système carcéral comorien sur les standards
internationaux en matière de droits humains. La CNDHL et le Croissant-Rouge
comorien ont, à cette occasion, réaffirmé leur engagement à accompagner les
autorités dans la promotion des droits des personnes incarcérées, notamment en
matière de santé, d’hygiène et de traitement humain.
Cependant,
cette initiative intervient dans un contexte particulièrement sensible. Elle
survient au lendemain du décès d’un détenu à la prison de Koki, à Anjouan,
survenu, selon les proches de la victime, à la suite d’une maladie qui n’aurait
pas été prise en charge à temps. Un drame qui ravive les inquiétudes sur
l’accès aux soins en milieu carcéral et souligne l’urgence de réformes durables
pour garantir le respect effectif des droits humains dans toutes les prisons du
pays.
Riwad
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